Interview Alain Kokor : Simon & Lucie, les ciels changeants
au festival Quai des Bulles, Saint Malo
25 octobre 2024
Bonjour Alain Kokor, merci d’accepter de nous parler aujourd’hui de votre roman graphique « Simon et Lucie, les ciels changeants » une adaptation de trois récits de Diastème parue aux éditions Virages Graphic. Ce n’est pas votre première adaptation puisque vous avez récemment adapté le roman « L’Ours est un écrivain comme les autres ». Comment avez-vous connu ces trois pièces de Diastème ? « La nuit du thermomètre », « 107 ans » et « La Paix dans le monde ». Et quelles sont les raisons qui vous ont convaincu de vous lancer dans leur adaptation ?
Alors, comment j’ai connu ? C’est vraiment lors d’une discussion avec Sonia Deschamps qui dirige la collection Virages Graphic. On s’était rencontré il y a quand même pas mal de temps, on avait fait un petit travail ensemble à « La revue Dessinée ». Bref, on suivait nos parcours, si l’on peut dire. Et puis, quand on lui a proposé de créer sa collection, elle m’a contacté comme elle a contacté des gens avec qui elle avait apprécié de travailler. Elle a même contacté des jeunes, parce que dans la collection, il y a des premiers albums ; elle est à l’affût des jeunes artistes.

Donc lors d’une discussion, on en est venu à parler adolescence et ça lui a fait penser à une pièce de théâtre qu’elle avait vue elle-même adolescente en 2001 je crois. C’était « La nuit du thermomètre » de Diastème qu’elle avait vue à Nice. Je crois que ça s’est créé là-bas. Elle s’est empressée de rechercher le texte qu’elle a trouvé. Elle s’est empressée de chercher l’auteur, elle l’a retrouvé. Et donc ce n’était pas gagné, mais elle a pensé à ça, elle m’a envoyé les textes et ce qui m’a fait me décider, c’est que j’ai un peu fondu en larmes à la fin de la lecture, j’ai été complètement emporté.
Je n’avais qu’une envie, c’est de le faire… Enfin, de m’y essayer. Au début, on se dit qu’avec ces flots d’émotions, ça ne va pas être facile d’éviter d’être trop lourd. J’avais les textes, c’était très important. Mais ce sont des textes de théâtre, donc il y avait essentiellement du dialogue ou du monologue. Dans la première pièce, il y a deux personnages, donc du dialogue, et puis j’imagine qu’ils s’adressaient en même temps, au public. Enfin, je ne sais pas, je n’ai pas vu les pièces, je ne voulais pas les voir. Depuis, j’ai vu une captation de « La nuit du thermomètre » sur l’ordinateur.
Et à partir de là, donc il y a deux ans de ça, je me suis lancé. Il faut dire aussi que Diastème, on l’a contacté. Enfin, l’éditrice Sonia Deschamps l’a contacté et, lui, il était complètement partant parce que lui-même, des fois, il a fait ce travail d’adaptation et d’autres fois, il s’est trouvé invité par des troupes de théâtre qui jouaient ses textes.
Donc l’adaptation en Bd c’était pour lui comme une autre mise en scène, une autre façon de faire. Il m’a dit » vas-y, vas-y complètement », et il m’a vraiment laissé libre.
L’exercice était plus ardu que la fois précédente que nous évoquions tout à l’heure puisqu’au lieu d’un roman vous adaptez trois textes écrits sur une période de 20 ans et qui sont eux-mêmes des textes hybrides.
Diastème avait en projet de dérouler l’histoire de Simon et Lucie sur une pièce, un roman et un film. Le roman « 107 ans » se mue rapidement en pièce (adapté par l’acteur fétiche du dramaturge, Frédéric Andrau) et « La Paix dans le monde » est d’abord jouée à Avignon dans une mise en scène de Diastème lui-même très élaborée avec des vidéos faisant intervenir Emma de Caunes avant d’être finalement publiée. Ce sont les mêmes personnages récurrents mais dans des textes indépendants qui se citent, se répètent aussi parfois. Comment avez-vous réussi à les lier ?
Frédéric Andrau et Emma de Caunes dans « La nuit des temps »

Alors là, c’est vrai que c’est plus Diastème qui devrait répondre, parce qu’effectivement ça s’est passé par étapes pour lui, puisque quand il crée « La Nuit du thermomètre », de ce que j’en sais, il ne sait pas, lui-même qu’il y aura une suite. Très vite, ça vient. Il offre le texte de la seconde pièce à Frederic Andrau à la dernière de « La nuit du thermomètre ». Ils ont joué cette première pièce longtemps, ça a beaucoup tourné. Et donc une dernière fois où ils vont jouer la pièce, il lui offre une suite.
Et je crois que ça met dix ans encore après pour qu’il y ait « La paix dans le monde ». Encore une suite donc, toujours plutôt avec Simon, on suit l’histoire de Simon dans les trois pièces.


Oui, mais il y a des passages qui se répètent dans les trois pièces parce qu’on peut les lire indépendamment. Et donc, comment avez-vous procédé ?
Là, à la limite, c’étaient les parties les plus simples à retirer, parce que c’étaient vraiment des répétitions. Les gens pouvaient voir la troisième pièce sans avoir vu les deux premières, à part que là ils assistaient à la vie de Simon qui se raconte, qui est en boucle, qui parle à Lucie, qui parle à Lucie et qui parle à Lucie et donc qui se remémore des événements et puis son amour avec Lucie.
Après en fait, là où c’était plus compliqué, c’est qu’il y avait énormément de dialogues et monologues. Et d’ailleurs, au moment de l’écriture, je me suis demandé comment un acteur pouvait apprendre un texte comme ça qui va durer peut-être plus d’une heure !
Et donc moi j’ai coupé parce que j’ai aussi le dessin. Donc, par exemple quand il y a l’épopée à mobylette racontée par l’acteur qui joue Simon devant le public, moi je me sers du dessin pour illustrer. Je ne voulais pas tout illustrer, attention, je voulais garder une intimité aussi dans le nombre de personnages et d’actions et de situations.
Mais ça a été ardu. Puisque de toute façon, à chaque fois aussi, on revenait sur cette émotion de Simon bien malheureux parce que son amoureuse l’a quitté. Bon, il a fait une connerie au départ, une petite connerie … J’étais sans arrêt aussi en boucle moi, là-dessus, à essayer d’être juste.
Du coup, j’ai recréé des dialogues qui me servaient de pont et j’ai créé des personnages un peu sur la fin à l’hôpital, ça m’aide à circuler dans la narration, mais c’est vrai que l’acteur, lui, au départ, va jouer tous les personnages qu’il y a …
On dit souvent qu’adapter c’est trahir. Moi je dirais plutôt qu’adapter, c’est traduire. Et quelles modifications notables avez-vous faites à part remplacer le John Wayne de « La nuit du thermomètre » par James Bond ?
Oui ben là en fait, c’était parce que ça m’est venu comme ça. Moi, j’ai très bien connu John Wayne, j’ai joué au bac à sable avec lui ! Mais c’est vrai que je préférais que ce soit un personnage, j’ai mis James Bond comme j’aurais pu mettre Batman ou Superman, mais je ne voulais pas un nom d’acteur, je préférais que ce soit un nom de héros. Voilà, c’est ça m’est venu comme ça.

Et adapter, c’est aussi choisir. Donc, comme vous l’avez dit, il y avait une grosse matière de départ, trois pièces et votre roman graphique fait 320 pages quand même ! Vous avez dû sacrifier certains passages comme celui de « 107 ans » dans lequel Simon mange le poisson rouge, par exemple…Avez-vous un regret ?
Non, je ne sais pas. C’est tout chaud. Et vraiment, pour vous l’avouer, là je l’ai presque relu entièrement. J’en suis même surpris parce que d’habitude, quand un livre sort, je mets vraiment du temps avant de le reprendre, de le feuilleter ou de le relire.
Et là, en fait, j’ai été embarqué en lisant le début et puis en avançant… j’ai été surpris parce qu’évidemment, on a peut-être tendance à ne voir que les défauts c’est ce que vont raconter des réalisateurs ou réalisatrices ou des écrivains en disant « je ne vais pas me relire ». Mais là non, même pas !
Le principal de toute façon, c’est que je n’en menais pas large quand j’ai su que Diastème avait l’album en main. Surtout qu’il avait vu quelques croquis de début mais rien d’autre ensuite jusqu’à avoir l’album en main.
Il m’a fait confiance, mais évidemment forcément, dans l’écriture, il y a beaucoup de lui, je suppose car je ne lui ai pas posé la question, mais il y tient à ces personnages-là, comme à des enfants, ça se voit ! J’espérais ne pas l’avoir trahi. Et donc dès le moment où il m’a envoyé un message en me disant qu’il était vraiment heureux de ma lecture… Bah, on pouvait tout me dire après je pense !
Vous avez dit que Diastème tenait à ses pièces comme à des enfants. Et ces pièces, justement, sont indissociables des deux acteurs qui ont créé « La nuit du thermomètre » : Emma de Caunes et Frédéric Andrau. Andrau parce qu’il est à l’origine de l’adaptation de « 107 ans » et incarne Simon à la scène depuis plus de 20 ans et Emma de Caunes car elle est présente dans la mise en scène de « La paix dans le monde » par l’intermédiaire de vidéos même si elle n’est plus sur les planches. Ils sont tous les deux très bruns or vos Simon et Lucie sont blonds, comme pour vous affranchir de leurs incarnations théâtrales. Avez-vous trouvé facilement leur représentation physique ? Est-il difficile de les faire vieillir ?
Emma de Caunes et Frédéric Andrau dans « La Nuit du thermomètre »


Frédéric Andrau dans La nuit des temps

Je voulais un trait sobre. Donc au départ, je ne voulais pas de noir. Leur représentation physique je l’ai trouvée assez facilement. Quelquefois, je me dis que je devrais y passer plus de temps !
Ce qui m’intéresse réellement c’est la mise en scène, c’est le rythme. La couleur des cheveux en fait, c’est pareil … c’est l’usage que j’ai de la couleur d’ailleurs. Même sur mes autres albums, ça part toujours d’une bichromie de couleurs. Et puis je ne me prive pas de rajouter une seconde voire une troisième couleur pour certaines scènes, mais le rythme va faire que ce n’est pas un coloriage classique. Tout ce qu’on voit, ça joue avec une lumière. Ce n’est pas un coloriage en fait.

Ce n’était pas trop difficile de les faire vieillir ?
Simon ça a été. Mais j’ai vraiment hésité à dessiner Lucie à la fin …Donc déjà d’entrée on la voit de dos sur trois images ! Tant mieux pour moi ! Mais je sais que je tremblais un petit peu.
La vie de Lucie est résumée très rapidement par Simon quand il la suit, il sait qu’elle habite à New York, tout ça. J’ai hésité à faire des scènes à New York, des scènes où on pourrait la voir en train de faire ses tableaux …

Dans les textes originaux, la littérature est prépondérante. Parmi les multiples références et citations qui émaillent les pièces, vous choisissez vous de mettre l’accent sur « Andromaque » de Racine qu’on trouve dans la première et la dernière partie de l’album ? Est-ce que c’est parce que pour vous, « Simon et Lucie », c’est une tragédie moderne ?
Bah oui, je réponds oui ! Et puis comme ça, je ne vais pas avoir trop à argumenter ! Mais ça me plaisait aussi qu’ils jouent parce que je l’ai fait, je n’ai pas joué spécialement du Racine, mais des scènes de théâtre en vacances avec mon amour de jeunesse, ma Lucie on va dire.
Après, en fait, il y a aussi, Jane Austen qui est citée dans l’album mais de façon plutôt comique et anecdotique.

Donc dans les pièces de Diastème, la littérature est prépondérante. Mais il me semble que vous, vous insistez vous davantage sur les collages de Lucie. La récitation d’ « Andromaque » pour le dramaturge, c’était un moyen de se comprendre et de transmettre aussi ses émotions à l’autre. Vous, je me trompe peut-être, mais il me semble que vous présentez l’art comme un moyen de résilience. Surtout avec l’histoire des carnets et des collages
C’est dit dans les textes de Diastème qu’il remplit des carnets. C’est dit. Et par contre, le fait que Lucie dessine dès le début, je l’ai inventé pour créer un fil narratif. D’entrée je la fais dessiner, elle s’exprime par le dessin dans sa chambre parce que je sais que je vais m’en servir à la fin.
C’est un album qui parle d’amour sous plusieurs formes (premier amour, amour d’une vie de Bartholomé pour sa femme, liens filiaux, liens d’amitié…) mais aussi de santé mentale. Vous avez beaucoup développé cet aspect en créant d’ailleurs certains personnages, pourquoi ?
Qu’est ce qui m’a fait faire ça ? Je ne sais pas. En tout cas, je me suis posé la question. Le hasard a fait que là où j’habite, au Havre, à un moment, il y a eu un apéritif de voisins avec des voisins qui étaient pourtant là depuis deux ans. On se disait bonjour tous les jours mais sans savoir ce qu’on faisait ou quoi. On se disait bonjour dans la rue, c’est une petite rue et voilà, là on se retrouve lors d’un apéritif, et puis en discutant, lui me dit qu’il est directeur de l’hôpital psychiatrique au Havre au moment où je suis dans le scénario de « Simon et Lucie ». Je lui réponds que ça m’intéresse, je lui parle du projet, j’ajoute que je me pose des questions et il me dit « mais bien entendu, vous venez ».
Finalement, je ne suis pas allé le voir parce que je me suis dit » si je dis je pars dans la documentation, il faut que je respecte comment sont les lits, les couloirs » …. La seule question que je lui ai posée lors de ce petit apéritif, c’était « les chambres, ils peuvent les décorer avec des choses à eux ? »
Donc j’ai inventé, imaginé, quand j’ai fait la pièce avec le docteur, le fauteuil, …Cet univers un peu fermé, enfin complètement fermé. Il y a peut-être une fenêtre, avec des feuilles partout. Enfin, le décor en papier peint, c’est des feuilles. Oui, ça me plaisait bien.

Et puis j’ai inventé des personnages. Il y en a un qui déclame son amour sans arrêt pour Adèle, l’une des infirmières dès qu’elle passe ; il y a Gilbert avec son ballon. Je ne voulais pas trop en faire, pareil, mais c’est ce qui donnait une certaine douceur en contrepoint.
D’ailleurs, Gilbert, je ne savais pas que je l’utiliserais à la fin pour la scène de départ où il retrouve son ballon dans une petite scène assez amusante.
Vous parliez de scène amusante, or, il y a un côté comique dans les séances à l’hôpital et même dans la représentation de Bartholomé, qui n’est pourtant pas un personnage fondamentalement drôle mais vous le faites ressembler à Bozo le clown, un peu avec ses petites touffes tandis que Gilbert fait penser à un gnome.
À un nain de jardin, un peu, oui !
Et est ce qu’on ne croiserait pas au détour d’un couloir Alexandrin de Vanneville votre héros de « Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied » ?
Celui qui déclame son amour ? Ah effectivement mais ce n’est pas fait exprès : on retrouve même son manteau à carreaux !


Et là, quand on parlait au début de la création des personnages de Simon et Lucie, c’est vrai que si on regarde des enfants que j’ai pu faire dans d’autres bandes dessinées, ça se rapproche un peu.
D’ailleurs, les premiers dessins que je faisais de Lucie, à un moment, je les ai montrés à des gens dont un éditeur de la Gouttière, un ami. J’avais bossé sur un album qui s’appelle « Petite souris, grosse bêtise ». Et il m’a fait remarquer que Lucie ressemblait beaucoup à Suzie l’héroïne de cet album jeunesse de la Gouttière. Quelquefois je me dis tiens, j’aurais dû essayer de lui trouver un peu plus de caractère ! Mais chez plein d’auteurs, ça va être comme ça. Il y a un style de femme qu’on va plutôt dessiner, d’hommes qu’on va dessiner…
Sur scène on ne voyait que Simon et Lucie ; les autres personnages n’existaient que dans leurs monologues. Ici vous les avez « incarnés ». Vous prenez même la peine de nommer à l’aide de flèches certains « figurants » (personnel soignant) pour leur donner une identité propre. Ne pourrait-on pas dire alors que l’un des thèmes majeurs de votre roman graphique c’est celui de l’identité ?
Mais ça mettait de la vie là où il y en a ! Et ça m’est venu comme ça aussi. Dans l’idée, je me suis interrogé pour savoir si l’on ne pourrait pas se demander si ce qu’on voit et les pages qu’on lit, ce ne sont pas les carnets de Simon.
Ça souligne que ce ne sont pas des pots de fleurs, ni les soignants ni les patients. Ce n’est pas parce qu’on est dans un hôpital psychiatrique qu’on n’a plus d’identité. Ce n’est pas parce qu’on peut perdre la tête, quand son amoureux ou son amoureuse vous quitte qu’on perd son identité. On est là, différent, différent et mal. On a très mal.

Votre album est aussi remarquable par la composition des pages. Vous sortez complètement du gaufrier et il y a une métaphore graphique magnifique qui reprend à la fois le thème de la santé mentale et celui de l’identité. , c’est la métaphore de l’éclat ou du puzzle avec ces moments où il y a des morceaux noirs sur les têtes des gens…
C’est magique, parce qu’en tout cas je ne me dis pas tiens, je pourrais utiliser ça ! Je ne sais pas comment ça me vient. Par contre, c’est venu, c’est sûr, au moment du découpage mais je vis vraiment le truc.
Et comme on est dans la tête de Simon et que Simon à ce moment-là, il est à la fois avec le docteur et il se remémore en même temps des scènes de son procès ; j’ai gribouillé à un moment, comme ça, son visage dans un cadre noir et je m’en suis servi après pour le remettre à la terrasse du café où là je remets sa tête parce qu’il revit.

J’avais aussi des doutes sur les cases éclatées où il n’y a plus vraiment de bords de cases. Ça, va « à la coupe ». J’ai parfois hésité, mais vraiment, c’était musical.
La musique a une importance dans votre narration où vous pratiquez le contrepoint : en utilisant par exemple le côté comique pour contrebalancer le tragique. Il y a aussi plein de citations de morceaux des années 80.
Au départ, ces morceaux, c’est aussi Diastème ! J’en ai rajouté parce qu’en fait, je fais de la musique et j’ai accompagné un chanteur qui s’appelle ZéZé Mago pendant des années, cinq ans au moins. On a beaucoup tourné, répété, je ne dessinais pour ainsi dire pas à l’époque, c’était à la fin des années 90 jusqu’à 2001. Il a enregistré trois albums. Moi je suis sur deux albums à la basse, à la guitare basse. Et sur le premier album (d’ailleurs où je ne suis pas) il y a une chanson qui me touche énormément, qui s’appelle « Nicolas » et qui rend super bien le personnage. Et là, j’ai appelé Zézé, en lui disant « il y a un de morceau de toi dans mon album »… Elle est touchante cette chanson, Elle est incroyable.

Et vous avez déjà d’autres projets où vous vous faites une petite pause là ?
En fait, j’ai terminé les pages fin mai et les couleurs, j’ai dû les terminer fin juin-début juillet. Donc j’avoue qu’en juillet je ne savais plus où j’habitais ! Août ça a été détente et puis j’ai commencé l’écriture de quelque chose. Je ne sais pas si ça va aboutir. Je serai tout seul à la plume.
Et j’étais même parti sur une autre idée, que j’adore mais qui qui va me demander beaucoup de documentation. J’ai envie de ne pas être faux non plus sur ce sujet-là. Et puis une petite idée que j’avais eue, pareil, toujours dans un tiroir de ma tête, est ressortie et en a rejoint une autre. Et là, je suis en train d’essayer de les rassembler.
Donc vous êtes au stade de l’écriture.
Oui, voilà. Mais j’ai du mal à écrire et donc je m’aide aussi déjà d’entrée avec le dessin. Pour ce projet-là, j’ai gribouillé une feuille et j’ai dessiné une voiture. Ça a commencé comme ça. On se rapproche de cette voiture parce qu’il y a un petit texte off avec un personnage qui parle : le conducteur …C’est comme cela que les idées me viennent. Par le dessin. Je ne saurais pas écrire directement, je crois, un scénario.
Interview d’Anne-Laure SEVENO


