Interview Javy Rey : On l’appelait Bebeto
réalisée en visio le 30 septembre 2024

Javi Rey bonjour. Merci d’avoir bien voulu nous accorder un peu de votre temps pour échanger autour de votre dernier ouvrage On l’appelait Bebeto qui vient de paraître, ce n’est pas un hasard, à la fin de l’été aux éditions Dargaud. On connaissait Javi Rey le dessinateur d’Un Maillot pour l’Algérie, Violette Morris, ¡ Adelante !, l’adaptateur de roman aussi avec Intempérie ou de texte théâtral avec Un ennemi du peuple.





Jesús Carrasco, Dupuis

Henrik Ibsen, Dupuis
Là, vous êtes seul aux manettes en signant également le scénario.
Alors, comment et pourquoi est né le projet de cette chronique douce-amère ?
Ce que je voulais faire quand j’ai commencé ma carrière, c’était écrire mes propres histoires. Mais à l’époque, quand j’ai commencé, je n’étais pas capable de le faire. J’ai voulu être plus rapide avec le dessin qu’avec l’écriture et c’est pour ça que j’ai commencé comme dessinateur en collaborant avec d’autres scénaristes. Mais chaque fois, j’avais cette chose à l’esprit, écrire. Et écrire des adaptations de romans, c’est la manière que j’ai trouvée pour gagner en confiance. Alors, j’ai fait deux adaptations avant d’arriver à être capable d’écrire, d’avoir l’expérience pour écrire mes propres scénarios. Mais l’envie de raconter cette histoire de Carlos, de Bebeto et cette époque qui se basent sur ma jeunesse, c’est quelque chose que j’avais en tête depuis longtemps. J’écrivais des petits récits courts divers en relation avec cette histoire. En 2016, j’ai écrit un petit portrait de Bebeto déjà. Après, j’ai écrit un récit court qui parlait de la relation entre un petit frère et un grand frère et la sensation du petit frère quand le grand frère n’a pas envie de rester avec lui et qu’il a envie d’être avec des adolescents plutôt que son petit frère. Et avec les années, j’ai trouvé qu’entre tous ces récits que j’avais écrits, il y avait un rapport et une histoire si je les rassemblais. C’est comme ça que j’ai commencé finalement à écrire le scénario de Bebeto.
Justement les relations entre les personnages sont très importantes. Vous parliez tout à l’heure de la relation entre petit frère et grand frère. Il y a aussi la relation entre Carlos et la grand-mère qui est très importante.
En fin d’ouvrage, vous précisez bien qu’il s’agit là d’une fiction inspirée de votre propre vécu. Vous êtes né en à Bruxelles en 1982, avez grandi en Catalogne. Tout comme Carlos dont les parents ont vécu leur jeunesse à Bruxelles, vous aviez 8 ans en 1990. Carlos, c’est un peu vous non ?
Oui, oui même si de manière évidente, Carlos c’est plus moi, je suis aussi un peu Bebeto, je pense. J’ai aussi un côté Sorrow, la cousine de Bebeto. Je suis parti de cette époque, de ce contexte de la banlieue de Barcelone parce que c’est ça que je connaissais le mieux. Et pour commencer à écrire, je voulais partir des choses que je connaissais. Alors oui, Carlos c’est un peu moi mais les autres personnages aussi.
Tous vos personnages dont vous brossez le portrait par petites touches sont extrêmement touchants, parfaitement incarnés et leurs relations profondes. Pouvez-vous nous dire un mot sur le chara-design ?
C’est un peu l’histoire qui a déterminé la caractérisation de chaque personnage. Quand j’ai trouvé que je voulais parler d’un gamin qui ne voulait pas être un gamin, qui voulait déjà être grand qui est Carlos, je voulais qu’il y ait une contradiction, que Bebeto soit le contraire. Bebeto, il n’a pas envie de grandir. Alors, c’est comme ça que j’ai commencé à construire l’histoire. Et après, Carlos il a envie de sortir de Sant Pere mais il n’a pas les outils pour le faire, il n’a pas la manière. Alors c’est comme ça que m’est venue Sorrow, un personnage qui vient de l’extérieur et qui a envie de parcourir le monde entier, de partir, partir toujours. C’est comme ça que j’ai construit mes personnages, toujours en contradiction les uns avec les autres pour faire grandir le personnage principal Carlos.


Le temps et plus précisément le rapport au temps est également est un élément important de l’histoire. Le temps que les ados pressés d’entrer dans l’âge adulte voudraient accélérer, que Bebeto semble avoir figé à la période de l’enfance, sans parler des pauses sur les moments heureux. Et puis il y a l’impact du temps sur les paysages aussi, sur la banlieue barcelonaise qui est un personnage à part entière …



Oui c’est une chose dont je voulais parler, de ce village où j’ai grandi qui n’est pas Sant Pere, Sant Pere c’est une fiction. Le village où j’ai grandi s’appelle Gavà mais j’ai créé cette ville qui est un peu Gavà mais qui a d’autres éléments fictionnels dont j’avais besoin pour raconter l’histoire. Mais oui je voulais parler de cette époque, de ce contexte des années 90 où il n’y avait rien. C’est un des villages où il n’y avait rien au niveau culturel on peut dire. C’était très triste. C’est un contexte qui te marquait ton destin déjà et il te semblait que tu ne pouvais pas faire autre chose dans ta vie. Je voulais parler de ça. J’ai commencé avec l’intention d’être très critique avec ce contexte, cette époque de ma vie. Mais après quand j’ai commencé à écrire l’histoire et à la dessiner, je me suis rendu compte que même si j’étais dans un contexte un peu contraint, un peu spécial, j’ai adoré passer ces étés avec ces enfants qui jouaient tout le temps au football. Je voulais être très critique et finalement, j’ai dit non, merci à cette époque de ma vie qui m’a donné beaucoup de choses.

C’est un peu ce qu’on retrouve dans l’épilogue, quand Carlos revient et que bien sûr la ville a évolué mais il y trouve une certaine beauté qu’il ne voyait pas avant.
Oui. C’est ce qui m’arrive à moi parce que mes parents habitent encore à Gavà dans mon village – à San Pere on peut dire – et à chaque fois que j’y vais, la rue par laquelle j’arrive que je voyais triste, grise, maintenant je la trouve jolie, avec le soleil. Alors c’est la cité qui a changé ou c’est moi, mon regard qui a changé.

Autre élément important dans votre récit, la notion de perte : perte de la sécurité de l’enfance, perte de la réalité pour la mère de Bebeto et la grand-mère de Carlos, perte de la complicité de Carlos avec son frère Miguel, perte du cowboy jaune en plastique métaphore des jours heureux pour Bebeto …


Oui, parce que grandir, c’est perdre des choses. On gagne beaucoup de choses mais il faut aussi laisser en arrière beaucoup de choses de notre vie. Je pense que c’est ça qui est important pour tous les personnages de l’histoire. Il faut apprendre à laisser en arrière toutes ces choses. L’enfance c’est ça. Il y a un jour, c’est fini et l’histoire parle de ça, de ces étés que l’on a perdus et surtout pour moi c’était important de refléter que dans la vie il n’y a jamais une alarme qui nous dit qu’une étape est finie. Tu te rends compte qu’une étape est finie quelques années après. Comme Carlos, je ne peux pas dire quel a été le dernier été de mon enfance mais on sait qu’il y a un moment c’est le dernier et le prochain sera quelque chose de différent. Cette perte, c’était important pour moi aussi.
C’est ce qui crée la nostalgie des temps révolus … Un petit mot sur l’omniprésence des oiseaux qui parfois vont aller jusqu’à se transformer en avions ?
Oui, c’est la fiction. J’avais besoin de donner à Carlos une vocation. Ma première intention était de le faire dessinateur mais ça aurait été trop évident et en relation trop directe avec moi. Je voulais m’éloigner un peu de lui, ou lui de moi; et avec les oiseaux, il y avait cette possibilité qu’ont les oiseaux de s’échapper, de partir sans problème et je pense que ça donnait un très joli côté symbolique à l’histoire.

Tout comme Un ennemi du peuple, chaque chapitre comprend en exergue une citation. Toutes proviennent de récits à la première personne autobiographiques ou fictionnels qui entrent en résonance avec l’histoire. Pouvez-nous en dire un peu plus sur le choix de ces extraits ?


Moi, quand j’écris, j’ai toujours des livres que j’ai lus avant dans la tête comme un repère ou comme un guide. J’aime ça. J’aime beaucoup lire des livres qui m’ouvrent des portes pour trouver d’autres auteurs. Je voulais faire ça dans mes histoires, donner quelques guides pour le lecteur qui aurait envie d’être en situation de recherche et de trouver des inspirations, d’autres choses à lire.

Ils sont remarquablement bien choisis. Ça correspond vraiment à l’atmosphère, à l’ambiance, à ce que le chapitre va dire …
C’est ça. D’un côté, il y a ça. J’ai envie dans mes histoires de mettre des personnages qui ont lu des livres, qui vont parler d’auteurs, qui vont faire connaître des auteurs au lecteur mais aussi il y a des citations qui vont ouvrir des portes. Et il y a l’autre coté comme vous disiez de donner un peu le ton de ce qu’on va trouver dans le chapitre. Ça m’intéresse beaucoup aussi de créer ça, ce point de vue littéraire avant de commencer la lecture qui nous donne le ton général du chapitre.
Du coup pour le lecteur c’est passionnant. Moi, je suis allée chercher les romans que je ne connaissais pas [génial] et ça m’a donné envie d’en lire certains. De plus, ils sont de genres très différents …




C’est génial. C’est juste ça que j’aime en tant que lecteur et que j’ai envie de partager.
On va rester dans le domaine de la littérature. Au cœur même du récit, vous avez convoqué Thoreau et Virgina Woolf remarquablement mis en scène par la force du contraste entre le texte de Thoreau et la traversée des décharges et la mise en abyme d’Orlando et Sorrow. Votre écriture est très littéraire. La littérature et vos propres lectures nourrissent votre travail, vous venez de l’évoquer. Alors, quels sont les auteurs qui vous touchent le plus ? Votre Panthéon ?


Ça change, mais c’est vrai qu’il y a quelques auteurs qui sont toujours là. Il y a un auteur qui fait partie de mon Panthéon comme vous disiez, c’est Roberto Bolaño, un écrivain chilien qui a habité à Barcelone pendant de nombreuses années dont j’adore non seulement l’œuvre mais aussi le personnage pour la vie qu’il a eue, pour sa manière de vivre la littérature. Et on peut lire ça dans ses personnages. Il parle toujours des écrivains qui ont eu peu de chances dans leur vie, de poètes qui n’ont pas de succès mais qui toujours vont faire passer la littérature avant toutes les autres choses de la vie. C’est un auteur qui te donne envie de lire, d’écrire et de vivre la littérature. Alors on peut dire que Roberto Bolaño, c’est un de mes auteurs préférés.
Dont vous êtes un peu le double en BD puisque vous nous donnez envie aussi de découvrir d’autres écrivains …
Oui Roberto Bolaño, c’est ça. Il te donne envie surtout d’être lecteur, un lecteur compulsif. En plus d’être écrivain, c’est un grand lecteur et j’aime ça. Après il y a une écrivaine que j’adore, Carson McCullers dont j’ai ici un bouquin.

Carson McCullers, c’est une Américaine. Quand je lis ses romans, ce n’est pas mon écrivain favori, mais quand j’écris – surtout pour Bebeto et même en général – c’est l’écrivain qui me vient toujours en tête parce qu’elle a une manière de toucher les sentiments des personnages. Elle parle toujours de choses très subtiles et c’est ça que j’ai envie de faire. Alors Carson McCullers, je l’ai toujours proche de moi quand j’écris. (rires). Il y a en plein … William Maxwell dont il y a une citation dans Bebeto.


C’est un grand éditeur de la narration new-yorkaise qui a été l’éditeur de Raymond Carver et d’autres grands écrivains américains, mais qui a également écrit trois romans qui sont pour moi trois romans que j’adore qui parlent aussi de l’amitié, de l’enfance et qui m’ont inspiré beaucoup pour écrire Bebeto. Et il y en plein d’autres …
Par la complémentarité du texte notamment de la voix off et de l’image qui se répondent, se complètent, voire s’opposent, votre écriture graphique n’est pas illustrative mais narrative. Comment avez vous travaillé ? Au niveau du scénario, storyboard, découpage … Qu’est-ce qui vous est venu en premier ? Le texte? L’image ? Ou cela a-t-il été une partie de ping pong entre les 2 ?
Comme je vous le disais, à l’origine, c’est le texte parce que j’ai écrit des récits courts qu’après j’ai rassemblés et j’ai fait le scénario. Mais après, quand je fais le storyboard, le problème c’est que moi quand j’écris, j’écris sans penser que ce sera une bande dessinée. J’écris avec l’intention que le texte soit complet, soit déjà fini. Après quand tu commences à travailler la BD, tu trouves qu’il y a des choses qui ne sont pas nécessaires, qui avec l’image seraient redondantes, répétitives. Ce n’est pas la peine de dessiner des choses qui sont déjà bien décrites ou des fois l’inverse : éliminer des descriptions parce que le dessin est déjà descriptif. J’ai toujours eu dans la tête cet objectif d’éviter la redondance entre le texte et l’image et je pense que j’ai trouvé une manière de le faire parce que le texte nous parle de choses qui se sont passées dans une autre époque que celle du dessin qu’on voit dessiné. Des fois, il y a des odeurs ou des sensations, des émotions qui ne sont pas faciles à dessiner. Alors j’ai essayé que le texte soit toujours en complément du dessin. Éviter la redondance, c’était la maxime la plus importante pour moi.

Votre texte est très poétique, vos images également. J’ai été beaucoup touchée par la grand-mère et la façon dont vous l’avez mise en scène. On comprend petit à petit le pourquoi du comment …
En fait, la grand-mère qu’on a déjà mentionnée deux ou trois fois, c’est le personnage le plus vrai de l’histoire parce qu’il est basé sur ma grand-mère et aussi la caractérisation.
Vous lui avez donné l’apparence de votre grand-mère …
Oui et ça a été une joie pour moi de dessiner ma grand-mère. Je voulais parler de cette relation entre Carlos et sa grand-mère parce que c’est un peu la relation que j’ai eue avec elle. Ça m’embêtait qu’elle parle beaucoup avec la télévision parce que je ne pouvais pas bien écouter. J’ai fait une espèce de révélation à la fin parce que je voulais que Carlos qui va être malheureux, va grandir comprenne finalement qu’il doit avoir soin de sa grand-mère … J’ai fait ça parce que dans la vie on n’a pas toujours le temps … Ma grand-mère est décédée avant que j’arrive à comprendre que je devais faire ça et la fiction c’est génial pour solutionner les problèmes qu’on a eus dans la vie.

Est-ce que votre grand-mère avait également perdu le contact par moments avec la réalité ?
Surtout dans sa jeunesse. Vers trente ans, elle a commencé à avoir des problèmes de schizophrénie. Mais quand j’étais petit, c’était un peu comme pour Carlos : avec son traitement, elle était bien on peut dire. Mais avec la télévision, elle avait encore un peu des pertes de conscience de la réalité mais c’est déjà un côté moins agressif de la maladie. C’est quelque chose que je n’ai pas connu. C’est un problème qu’a connu mon père. C’est quelque chose dont peut-être un jour j’aurai envie de parler mais c’est plus compliqué pour moi parce que ce n’est pas mon vécu. C’est l’expérience de mon père mais peut-être que ça m’intéressera de parler de tout ça.

On va revenir à Bebeto. Un petit mot sur la colorisation et le choix de la couverture ?
Pour la colorisation et la couverture, j’ai eu le même problème. Comme les personnages principaux sont des enfants, on avait peur avec mon éditrice que le lecteur ou le libraire arrive à penser que c’est une histoire jeunesse. Ce n’est pas pour la jeunesse. Je pense qu’il y a des choses un peu cruelles, un peu dures à digérer pour la jeunesse. C’est une histoire adulte même si on parle de l’époque de l’enfance. Je venais de faire des albums avec des couleurs très fortes, très intenses, très saturées …
Un ennemi du peuple …
Un ennemi du peuple. (rire) J’ai commencé à coloriser Bebeto avec ce même style mais c’est vrai que ça ressemblait à une histoire jeunesse, une histoire très lumineuse – même si dans Bebeto, il y a un côté très lumineux mais il y a des ombres et des lumières en même temps. Alors on a cherché une palette et un papier qui nous éloignaient de ça ; donc on peut dire que c’est une couleur moins intense, vintage, un peu vintage et pour la couverture, c’est la même chose. Ce qui était compliqué c’est que je voulais que dans le titre il y ait le nom Bebeto mais Bebeto n’est pas le personnage principal. C’est un personnage important mais secondaire. Je voulais aussi qu’on sache que dans cette histoire, il y a un narrateur. Alors on a trouvé la phrase On l’appelait Bebeto. Ça nous dit déjà qu’il y a un narrateur qui parle du passé, que Bebeto c’est un personnage important mais l’illustration nous dit que ce n’est pas le plus important parce qu’il est de dos, il a un côté un peu intrigant dans l’ombre. Et après on voit Carlos et Sorrow dans la lumière. Il y avait beaucoup d’éléments qui m’ont fait finalement trouvé cette image. Et puis Bebeto reste en arrière alors que Sorrow et Carlos vont vers l’horizon. C’est leur manière de s’échapper.

On a quand même Carlos qui se retourne, ce qui montre de façon très subtile la relation entre les trois personnages …
C’est ça. Je pense que le lecteur saisit la subtilité de la couverture après avoir lu le roman graphique. Je ne sais pas si c’est ce qu’il y a de mieux au niveau marketing (rire) mais pour le lecteur, je pense que c’est bien : finir l’album, le fermer et alors comprendre la relation entre les personnages. C’est la couverture la plus difficile que j’ai faite pour le moment.
C’est vrai qu’un fois le récit terminé, on la voit d’une autre façon...

Pour terminer, quels sont vos projets en cours ou à venir ?
Pour mon projet actuel, je dessine une adaptation de Simenon. C’est une collection …
Les romans durs
C’est ça ; Ça s’appelle Quartier noir. C’est avec un scénario de José-Louis Bocquet. Alors je retourne à la collaboration avec un scénariste.
C’est prévu pour quand ?
C’est pour Angoulême 2026. Je le ferai pendant 2025 et ça sortira en 2026.
Et autrement ?
En parallèle, j’écris aussi mon prochain scénario dans la continuation des romans graphiques .Je ne peux pas beaucoup en parler mais il y a aussi le sujet de la recherche de la vocation comme Carlos qui va trouver sa vocation mais cette fois je parlerai d’une génération avant celle de Carlos. On peut dire que c’était la génération de ma mère. À son époque, ce n’était pas facile de décider de l’avenir et de plus si tu étais une femme, ton avenir était déjà acté, non ? Être maman, soigner ses enfants, c’était tout. Alors dans Bebeto, je voulais parler un peu de ça, de comment j’ai trouvé ma vocation dans un milieu qui était un peu triste au niveau culturel. Mais finalement, j’étais enfant dans les années 90, j’ai trouvé ma vocation et j’ai pu la développer. Mais avant ce n’était pas facile, impossible; pour la génération d’avant, pour mes parents c’était autre chose. Alors, j’ai envie de parler un peu de ça. Mais c’est le point de départ. Après on verra.
Eh bien merci beaucoup Javi Rey de nous avoir accordé une bonne partie de votre temps. Et on attend vos prochains albums …
Merci
Interview de Francine VANHEE

