Interview Benou : L’enfer selon Poppy
au festival Villers BD
17 mai 2025


Benou, bonjour. Je suis ravie de vous rencontrer dans ce cadre merveilleux du parc du château de madame de Graffigny à l’occasion du festival Villers BD. Je connaissais le Benou scénariste des séries jeunesse Clo & Couette avec Sylvie Bessard, Petits frissons avec Charles Dutertre et Léo la terreur avec Nancy Delvaux parues dans la collection Canaille des éditions Paquet. Là vous signez la traduction ainsi que la préface d’ailleurs d’un comics L’enfer selon Poppy scénario de Poppy et Ryan Caddy, dessin de Zoe Thorogood et Amilcar Pinna qui vient de paraître chez le tout jeune label Blueman. Qu’est-ce qui s’est passé ? Comment êtes-vous arrivé là ?
Alors, c’est quasiment un hasard mais c’est rigolo. On me taperait sur les doigts à dire tout le temps que tous les points de ma carrière sont du hasard parce que de même que je suis devenu scénariste parce qu’on m’a demandé de le faire – et que je dis donc que c’est dû au hasard des rencontres – là, c’est un petit peu pareil. C’est grâce à un ancien éditeur de chez Paquet qui travaille maintenant avec Blueman à qui j’avais parlé il y a pas mal d’années maintenant de ce comics-là spécifiquement parce que j’étais curieux de savoir comment fonctionnait l’achat de droits ; ça m’intriguait. Il s’était alors renseigné pour ce comics spécifiquement. Et il se trouve qu’en achetant les droits d’un autre comics, il est retombé dans le même catalogue sur celui-là. Il a acheté les droits et m’a écrit en me demandant si j’étais disponible pour regarder avec lui la traduction parce que c’est un comics plein de références donc il y avait besoin d’un avis de fan, en tout cas d’un avis d’un amateur de la chanteuse, donc de Poppy et je lui ai dit « Écoute avec plaisir. Moi je veux même faire la traduction tout seul, ça me plairait bien. Il m’a répondu D’accord.


Super ! You are Benou mais qui est Poppy ?
Alors Poppy, c’est une bonne question parce qu’en France on la connaît moins qu’aux États-Unis. Poppy, c’est une chanteuse qui fait principalement du métal, du métal un petit peu industriel mais mélangé avec de la pop et des accents un petit peu rose bonbon comme je dis souvent et je l’ai utilisée dans la traduction cette expression rose bonbon parce que c’est tout elle en fait. C’est un personnage qui est à la fois gothique emo dans son style et parfois elle va avoir des looks avec des grandes jupes qui ressemblent à des meringues et est tout habillée en rose. Donc elle a ce côté un peu idol comme l’ont les chanteuses japonaises parfois. Mais derrière cette carapace toute rigolote et ultra mignonne se cache une femme bien énervée qui fait une musique qui l’est tout autant et ça me plaît beaucoup cette dualité. Et en plus j’adore sa musique, principalement l’album qu’on retrouve en filigrane dans ce livre-là qui s’appelle I desagree, un album merveilleux qui est vraiment l’album de transition entre la Poppy 100% pop, 100% rose bonbon et la Poppy d’aujourd’hui.

Mais ça, on en parle plus dans la BD et dans les textes que j’ai écrits pour l’accompagner et qui expliquent un petit peu toute son histoire parce qu’il y a vraiment deux parties dans l’histoire de Poppy, il y a la Poppy sous l’égide d’un deuxième personnage qui s’appelle Titanic Sinclair qui était son producteur à l’époque et qui a eu une emprise sur elle, qui décidait de tout pour elle. Et un jour, elle a décidé de s’émanciper et c’est ça qui nous a donné la version actuelle de Poppy qui est extraordinaire.

D’ailleurs, la dualité on la retrouve dans tout l’album. Il y a l’enfer et la réalité, Poppy et la chanteuse à qui elle a succédé, il y a tout ça …
Oui, c’est vrai que la dualité c’est un thème qui est vraiment hyper important dans la BD, dans l’album I desagree, dans sa carrière à elle et ça se transcrit par le double dessinateur et dessinatrice. On retrouve aussi cette dualité dans le dessin et c’est génial parce que les dessins sont très différents. Ça nous donne en plus l’occasion de voir la Zoe Thorogood du début qui était pour nous l’argument ultime s’il en manquait un encore pour faire ce livre en version française parce qu voilà on est tous ultra curieux de ce qu’elle fait maintenant aujourd’hui et de ce qu’elle a fait ces dernières années. On est un tout petit peu en retard sur les Américains de ce point de vue là mais ça y est, on rattrape et on se rend compte que c’est vraiment une étoile montante, la nouvelle génie du comics américain.


C’est elle qui a dessiné l’enfer …
C’est elle qui a fait l’enfer, en effet et je trouve que ça lui va vraiment bien. Son dessin marche très bien même si on sent qu’il n’est pas encore aussi abouti que sur ses autres travaux et puis c’est une commande, c’est pas pareil que ses projets personnels. Néanmoins, c’est quand même très intéressant de voir ça et je trouve que ça lui va très très bien. J’aime beaucoup ce qu’elle a fait, j’aime beaucoup comment elle a dessiné Poppy aussi, ça marche très très bien.
On la retrouve quand même. On reconnaît bien son trait même si comme vous disiez ce n’est pas aussi abouti que le reste. C’est normal, elle était à ses débuts.
On sent qu’il y a un vrai décalage entre son travail à elle et celui d’Amilcar Pinna et c’est très impressionnant de déjà voir qu’à son jeune âge à l’époque elle arrivait à s’émanciper des codes du comics pour faire quelque chose d’aussi bien je trouve. Donc c’est vrai que c’est super. Et puis à traduire, ça a été super. À chaque fois que j’étais dans l’enfer, c’était un plaisir parce que ça donnait l’occasion de bien regarder les planches, de voir un petit peu tout ce qu’elle y avait caché. Très intéressant !
Et si vous nous faisiez le pitch de l’album à présent?
Le pitch de l’album, il est assez simple. On va suivre le parcours croisé entre deux versions de la même personne donc Poppy toujours qui est au centre de l’histoire. C’est une chanteuse qui est en marge de signer un gros contrat avec un label et en parallèle on la suit quelque temps dans le futur alors qu’elle est en enfer, coincée en enfer et qu’elle essaie de s’en échapper. Donc on va la suivre à la fois dans le passé avec le label avec qui elle signe un contrat et qu’elle va peut-être regretter et qui va peut-être l’amener en enfer et en parallèle on la suit en enfer qui essaie de remonter à la surface et d’essayer de se rendre compte en même temps qu’elle si elle a vraiment envie de remonter ou pas ou alors si elle a peut-être fini au bon endroit pour elle. Donc encore une fois, on parle de dualité, on est en plein dedans.


Et c’est aussi une étude et une critique du système …
C’est complètement une critique du système et des majors américaines et de la manière dont les labels et les maisons de disques adorent s’emparer d’une jeune artiste et la modeler pour en faire autre chose. Je dis exprès jeune artiste au féminin parce que c’est principalement vrai pour des artistes féminines qui sont de plus en plus en proie à devenir des marionnettes du système et de la pop lorsque les hommes sont plus facilement laissés à leur passion et ce livre, oui, il critique pleinement ça notamment quand elle se retrouve en détresse et qu’elle est laissée complètement de côté par la maison de disques quand elle se rend compte sans vouloir trop en raconter que son impresario est un personnage plutôt médiocre, mauvais et même démoniaque. Elle va se rendre compte que tout le monde le sait depuis le début mais qu’elle, elle le découvre seulement. Ça, ça fait écho à des histoires qu’on connaît et qui sont des histoires de la vraie vie aussi. Donc oui, c’est un livre qui raconte beaucoup de choses je trouve, et c’était encore une raisons de plus pour laquelle j’avais très envie de le traduire.

Alors passons à la traduction justement. Avez-vous été en contact avec Z2 comics, l’éditeur américain qui a publié Poppy’s inferno ou avec ce qui serait pour vous le Nirvana Moriah Rose Pereira elle-même ?
(Rire) Alors je n’ai pas eu de contact avec Z2. C’est Guillaume aux éditions Blueman qui a fait toute la partie contacts américains et qui attendait la réponse des Américains quand on faisait des propositions particulières même sur la maquette etc … et non malheureusement je n’ai pas encore rencontré Poppy, je ne l’ai même encore jamais vue en concert, c’est terrible ! Je devais la voir en 2019-2020 enfin bref, l’année du covid et le concert a été annulé malheureusement. Donc depuis j’ai cette frustration mais ça va vite être réparé très bientôt parce que je la vois à Lille en juin donc j’espère que j’aurai l’occasion d’échanger avec elle et de lui expliquer, de lui raconter un petit peu que c’est un peu de ma faute si le livre existe en français maintenant. Oui ça serait génial ! Complètement ! J’adorerais ! C’est quelqu’un avec j’ai plein de choses à dire parce que j’adore son parcours et c’est une artiste qui m’a beaucoup accompagné dans des moments qui étaient compliqués dans ma vie.

Ça résonne en vous. C’est ce que vous expliquez d’ailleurs dans la préface.
Oui. J’ai eu la chance, le privilège même de pouvoir écrire une préface pour le livre. Ce n’est pas donné à tous les traducteurs. Moi c’était un point de négociation de mon contrat. Je l’ai demandé très vite à Guillaume et il m’a dit OK, pas de problème. Et j’étais vraiment très honoré de pouvoir le faire. Et justement pour ça parce que c’est vraiment un album I disagree et tous ceux qui viennent après mais surtout I disagree – dont il est question dans Poppy’s inferno et donc dans L’enfer selon Poppy – est vraiment un album qui m’a accompagné dans des moments très très difficiles de ma vie et donc je voulais vraiment lui rendre hommage et noter j’allais dire noir sur blanc mais les pages sont noires donc blanc sur noir.
ou rouge sur noir …
rouge sur noir, ça aurait été moins lisible mais ça aurait pu marcher aussi. En tout cas la préface est écrite en blanc sur noir, donc j’avais vraiment envie de le marquer, de le graver dans le marbre de cette manière-là.
Comment s’est passée la collaboration avec l’éditeur ? Vous a-t-il laissé carte blanche ?Y a-t-il eu beaucoup d allers–retours,
Il y a eu quelques allers-retours mais je pense que c’est normal d’avoir des allers-retours avec l’éditeur quand on fait une traduction parce qu’en fait la traduction c’est un travail qui est tellement complexe, j’allais dire surtout de l’anglais au français mais pour les autres langues, je n’en sais rien à vrai dire. Ce que je dis souvent pour la traduction de l’anglais au français, c’est que l’anglais est une langue qui est relativement simple quand on la connaît et qui dit beaucoup de choses en peu de mots et nous en France on a tendance comme ce que vous entendez depuis le début de cette ITW (rire) à utiliser beaucoup de mots pour dire des choses très simples parce qu’on a toujours besoin de venir justifier. Et il y a aussi autre chose, c’est que les Américains ont parfois un mot qui veut dire dix choses différentes et nous il faut qu’on trouve exactement la bonne définition, celle qui correspond le mieux à la situation et c’est pour ça que ça demande un vrai travail d’écriture, d’auteur presque pour faire une bonne traduction parce qu’il faut se remettre à la place des auteurs et bien saisir ce qu’ils ont voulu dire et pouvoir le transcrire de la meilleure manière dans une autre langue. Donc ça a demandé pas mal d’allers et retours sur des trucs très précis notamment les expressions. Quand on utilise les expressions en américain, en anglais, elles disent quelque chose et on n’a pas forcément l’équivalent en français donc il faut trouver l’équivalent en français, quelque chose qui s’en approche si on tient à garder une expression. Et si on n’y tient pas, on est obligé de dire la phrase autrement.

Il y a aussi un jeu de mots que vous avez retraduit en français ; je suppose qu’en anglais c’était tell / hell …
Oui sur les jeux de mots, je crois que j’en ai rajouté même un parce que ça me faisait rire et je trouvais qu’il manquait à la version anglaise (rire) mais c’est discret. Mais effectiv’ement oui j’ai essayé de conserver ces moments où il y avait ce type de traits d’humour, ces petits traits littéraires, j’ai essayé de les garder le plus possible. Malheureusement, il y en avait un qui était très très dur à traduire On a réussi à le faire à peu près. En anglais diablotin ce dit « imp » donc I,M,P comme le début d’impresario et ça, ça a été une vraie prise de tête pour le traduire parce que nous, diablotin ça ne se dit vraiment pas du tout comme impresario. Alors, on a joué sur la fin du mot quoi diablo-timpresario. C’est un exemple parmi d’autres. J’y ai pensé tout à l’heure quand pour préparer l’interview, j’ai regardé à nouveau mon dossier. J’ai six versions de la traduction pas seulement dues aux allers et retours avec l’éditeur, mais aussi parce que moi-même j’ai fait une première traduction très brute et »en angalis, ensuite je l’ai relue en me disant Mais là mes phrases ne fonctionnent pas. Donc j’ai réécrit la traduction et ensuite l’ai reprise petit à petit pour traduire au maximum, pour écrire au mieux et oui, ça a pris six versions.
Et qu’est-ce qui vous a paru le plus difficile ?
Je pense que le plus difficile, c’est les expressions, les jeux de mots, tout ce qu’on ne peut pas traduire littéralement. Ça c’est vraiment le plus dur mais paradoxalement, c’est aussi ce que j’ai trouvé le plus intéressant parce que c’est ce qui demande le plus un travail éditorial et d’auteur et donc d’écriture. Et donc oui je pense que ça c’est le plus dur mais je mets des guillemets parce que c’est aussi super intéressant et l’autre chose qui est assez difficile, c’est le travail du tutoiement et du vouvoiement parce qu’en français, on utilise le tutoiement et le vouvoiement. En américain, ça n’existe, pas c’est you pour tout le monde et donc ça demande aussi un vrai travail de réflexion et d’adaptation de passer à un moment pour certains personnages du tutoiement au vouvoiement et de le faire de manière assez subtile pour que ça ne choque pas le lecteur et en n’utilisant surtout jamais la phrase de transition Est-ce qu’on peut se tutoyer ?… Alors ça, c’est impossible. On ne peut pas trahir à ce point-là le texte mais par contre le faire petit à petit, oui c’était un petit travail que j’ai beaucoup aimé.
Et puis il y a la contrainte des phylactères aussi parce que comme vous disiez, en anglais en peu de mots on dit beaucoup de choses, on est plus bavard en français. Il faut qu’il y ait la place aussi.
C’est vrai. C’est vrai que la place que prend le texte dans une bulle, c’est un point qu’il faut garder en tête. Comme j’avais fait la PAO sur mes deux premiers, sur Clo & Couette et Petits frissons – j’avais fait la PAO comme je suis aussi graphiste – j’avais bien ça en tête et je me disais Je n’ai pas envie de donner un travail impossible à faire au graphiste. Donc oui, ça il faut toujours le garder en tête aussi. Ça donne aussi des contraintes et parfois, ça oblige à décaler certains textes mais je crois qu’on s’en est plutôt bien sorti avec ces questions-là. Il y a eu vraiment peu de moments où on a dû couper des phrases. Parfois c’est très complexe, cette partie-là. Heureusement, dans le comics, les bulles sont moins normées que dans une BD classique et puis là surtout c’est des bulles normales qu’on peut facilement refaire numériquement si on doit le faire mais je crois que ça n’a pas été le cas. Parfois aussi quand on fait un travail de traduction, c’est aussi un travail de correction parce qu’il y avait deux bulles dans Poppy’s inferno qui étaient mal placées. Alors on en a profité pour les placer autrement. Alors oui, les bulles, c’est une vraie question pour la traduction.
Et est-ce que vous avez gardé la typographie d’origine ? Je veux dire par là que par moments c’est en majuscules ou alors en script. Il y a aussi la couleur ça peut être en rouge ou en blanc. Est-ce que c’était déjà ça à l’origine ou est-ce que vous avez apporté quelques variations ?
Ça pour le coup, c’était déjà là sur la version originale et on l’a gardé tel quel, parce que c’étaient des indications qui étaient vraiment importantes, notamment la couleur des bulles et du texte. Selon les personnages, elle varie et ça c’était vraiment important. De même que je trouvais très intéressant de passer du vouvoiement au tutoiement, parfois choisir quel mot est en majuscule – parce que ce n’est pas toujours celui de la version anglaise même si parfois on traduit de façon très proche de l’anglais – ça n’empêche que le mot qui est important est souvent différent parce que c’est l’intonation qui compte et donc parfois ça demande presque à dire la phrase à l’oral et de se dire Alors là, qu’est-ce que je vais dire plus fort ? et comme ça, ça permet d’adapter le mieux possible.


Y a-t-il un autre comics que vous rêveriez de traduire ?
Je ne sais pas si je rêve d’en traduire d’un autre mais par contre je sais qu’il y en a un autre qu’il faut que je traduise. En fait, Poppy a fait deux comics. Elle a fait Poppy’s inferno et un autre qui s’appelle Genesis one et Blueman a les droits d’adaptation pour les deux. Et donc la suite logique, c’est de traduire Genesis, ce sera ma prochaine traduction. Mais est-ce que je rêve de traduire autre chose ? Je ne suis pas sûr. Je crois qu’il y a tellement de choses super qui ont déjà été traduites que pour l’instant, je n’en ai pas qui me viennent à l’esprit. Mais je crois que j’aime bien cette dynamique de traduire des comics via d’autres artistes qui ne sont pas des artistes de genre comics. Ah si bien sûr ! Il existe une version comics de Chair de Poule. Et là j’aimerais bien faire la version française, ça me plairait beaucoup, oui. Mais c’est très marginal ; il n’y en a pas beaucoup. Je pense que ça serait ça ou alors traduire les quelques Contes de la crypte qui n’ont pas été traduits par Akileos. S’ils en ont gardé quelques-uns, j’aimerais bien les faire, mais c’est tout.
Autrement vous avez d’autres projets ?
Oui, bien sûr. J’ai mes tomes 2 de Léo La Terreur et de Petits frissons qui sont sortis et là en ce moment, j’ai des projets avec plusieurs dessinateurs et dessinatrices. Un projet notamment avec Élisa Marraudino …



L’autrice de Bébé fille
Oui voilà. Élisa Marraudino qui a fait Bébé fille, une bd exceptionnelle que j’adore et que je conseille tout le temps à tout le monde. J’aime vraiment beaucoup cette bd et je suis trop content de travailler avec elle. J’aimerais bien faire un autre projet avec Charles Dutertre, le dessinateur de Petits frissons. De même, j’ai toujours dans les cartons un projet avec Sylvie Bessard …

la dessinatrice de Clo & Couette
Exactement. Et à côté, j’ai d’autres projets avec d’autre dessinateurs et dessinatrices qui ne sont pas encore assez avancés pour que j’en parle mais qui sont dans les tuyaux. J’ai d’autres projets aussi personnels que j’aimerais bien développer qui peut-être me permettront de faire un livre tout seul, ce ne serait pas mal, aussi.
Vous allez dessiner aussi ?
Peut-être pas mais ça n’empêche que l’on peut faire de la bd tout seul sans dessiner. C’est un challenge que j’aimerais bien me donner par la contrainte de mon manque de compétence en dessin. Donc pourquoi pas ? Ça sera dans les années à venir, j’y réfléchis en tout cas.
Quand on prend Martin Panchaud et ses petits ronds … Et pourtant, La couleur des choses est une bd excellente.
Oui c’est vrai. C’est une idée … Je ne reprendrai pas la sienne mais c’est vrai que ça m’a décoincé un truc quand j’ai vu sa bd et puis il y a d’autres formes qui existent. Ce n’est pas un scoop, j’en parle à tout le monde, mais moi j’adore le roman-photo. C’est une forme qui m’intéresse beaucoup et j’aimerais beaucoup travailler sur un roman-photo notamment parce qu’on connaît beaucoup le roman-photo comique ou le roman-photo cul-cul.
à l’eau de rose…
Voilà. Dans les vieux magazines
Nous deux…
C’est ça (rire). Et donc, j’aimerais bien essayer de travailler sur un roman-photo sérieux avec des belles photos qui ne soient pas des photos qui ressemblent à des photos de stock où les personnages ont toujours des expressions ahuries. Et donc pourquoi pas ? Ça, ça fait partie de mes projets, oui. Peut-être de l’écrit uniquement aussi. Peut-être arrêter d’être dans l’image même si j’adore l’image. Donc voilà, plein de projets en fait.
C’est parfait tout ça ! Eh bien merci beaucoup Benou et bon festival !
Interview de Francine VANHEE

POUR ALLER PLUS LOIN
La chronique de l’album

