Tout d’un coup (ou presque)

Anthologie
d’après Jean-C. Denis
Dessin : Jean-C. Denis
Éditeur : Le Pythagore
272 pages
Prix : 40,00 €
Parution : 22 août 2025
ISBN 9782372311915
Ce qu’en dit l’éditeur
On connait surtout le personnage emblématique, son alter égo de papier, celui qui incarne à lui seul LA définition de anti-héros : Luc Leroi. Cette monographie reprend 40 ans d’illustrations de cet auteur grand prix d’Angoulème 2012, mais également des centaines de dessins inédits, peintures, esquisses sauvées de la poubelle, Préfaces de Baru, Berbérian, Cestac, Gibrat, Loustal, Margerin et Veyron. Interview de Jean C. Denis par Stéphane Godefroid.
Une ode à la vie !

Si on connaît bien le dessinateur de bande dessinée Grand Prix d’Angoulême 2012 à travers notamment son personnage de Luc Leroi et le magnifique album Quelques mois à l’Amélie, on connaît moins Jean-C. Denis illustrateur. À l’instar de Baru et son catalogue déraisonnable pour une exposition fantasmée, il a rassemblé dans une anthologie intitulée Tout d’un coup (ou presque) un millier d’illustrations, dessins inédits, esquisses… Cette superbe monographie de 272 pages regroupant 50 ans d’archives vient de paraître aux Éditions Liralest/Le Pythagore.
C’est à l’initiative de Francis Zahnd, libraire chaumontais fondateur des éditions Le Pythagore qu’est né ce projet d’anthologie qui se concrétisera en deux versions, la seconde étant une édition originale tirée à 300 exemplaires avec une couverture alternative et une sérigraphie 20 x 30 cm numérotée et signée par Jean-C. Denis.


Naissance du projet
Part belle est donnée à l’illustration. Sur les 272 pages que compte l’ouvrage, on trouvera en ouverture 9 pages consacrées aux préfaces d’amis dessinateurs, aux deux-tiers de l’album un entretien de 15 pages avec Stéphane Godefroid, libraire à La Parenthèse, tout le reste étant entièrement dédié aux illustrations.
Les copains d’abord
Aux regards de spécialistes, Jean-C. Denis a préféré ceux de ses pairs et plus particulièrement de ses amis dessinateurs, compagnons de longue date.
C’est donc à Baru, Charles Berbérian, Florence Cestac, Jean-Pierre Gibrat, Jacques de Loustal, Frank Margerin et Martin Veyron qu’il a confié le soin de préfacer son ouvrage.
Les copains d’abord
Élégance, discrétion, délicatesse sont les maîtres mots qui se dégagent de ces préfaces caractérisant à la fois l’homme et l’œuvre.
Paroles de copains
Baru : Élégance, classe, exquise politesse. Tout ça lui va comme un gant. Tout comme le noir !
Florence Cestac : Son œuvre est chaleureuse. Jean-Claude étant un maître en maniement de la couleur, un roi de l’aquarelle, un prince de l’harmonie, ce n’est que douceur et volupté.

Jean-Pierre Gibrat : Son dessin lui ressemble. Tout aussi délicat que son auteur, imperméable au vulgaire, il se cantonne à servir subtilement l’humain, ou une lumière furtive sur un paysage.
Jacques de Loustal : J’ai vu ses dernières planches en couleurs directes, d’une grande délicatesse, la même qui se dégage de son œuvre.
Frank Margerin : Jean-C. Denis est un artiste discret et élégant qui a plusieurs cordes à son arc (ou plutôt à sa guitare).
Martin Veyron : C’est un séducteur discret. Il distille un humour bien à lui qui tombe toujours à point nommé et révèle une lucidité sur choses et gens qui, elle, ne fait pas de mystères.
Stéphane Godefroid : Élégance et discrétion
Le grand entretien
Le long entretien de 15 pages réunissant les échanges téléphoniques de Jean-C. Denis et Stéphane Godefroid apporte un éclairage sur son œuvre, révélant ses influences.
Enfant il a été marqué par les histoires animalières de Beatrix Potter, dévorait les histoires de Peyo, notamment Johan et Pirlouit dans Spirou auquel il était abonné.
Adepte de la ligne claire, ses réflexions sur le dessin le font sentir plus proche de Peyo et Hergé que Morris et Franquin.
Estampe et ligne claire
Avec l’arrivée en France de l’underground américain à la fin des années 60, il découvrira Crumb.
Ce n’est pas tant l’aspect autobiographique que le fait de raconter des aventures qui prennent leur sources dans la vie quotidienne qui l’intéresse.
« Je me suis, rendu compte qu’entre Hergé et lui [Crumb], il y avait quelque chose de possible. Ce n’était pas la grande aventure ni le quotidien un peu trash, mais par contre un certain naturel, avec ce que l’on a appelé plus tard les « antihéros » à cause de l’aspect banal que peut revêtir leur quotidien. Cette voie a commencé à mûrir en moi à ce moment-là. »
Luc Leroi n’est pas loin …
Les lectures de son enfance dont Beatrix Potter et Fritz the Cat de Crumb l’ont quant à eux mener à la BD animalière telle les aventures d’André le corbeau.
Mais avant la Bande dessinée, il a commencé dans l’illustration.
En 1975, à la fin des années Art déco, il fonde le studio Imaginon avec Martin Veyron et Caroline Dillard. C’est l’époque où il fera beaucoup de couvertures de livres. Ce sera aussi l’occasion découvrir et tester différentes techniques pour répondre aux desiderata des éditeurs.
La seconde partie de l’entretien est plus spécifiquement consacrée aux illustrations.
Débuts dans l’illustration
Auteur de BD, illustrateur mais pas que …
Comme le souligne Frank Margerin dans sa préface, Jean-C. Denis a plus d’une corde à sa guitare.
Une guitare à plusieurs cordes

On découvrira le musicien aussi à travers ses illustrations pour ses propres disques et notamment For the rain to fall. Une discrète allusion est faite aussi au Dennis’ Twist, groupe qui connut son heure de gloire en 1987 en squattant la 10ème place au top 50 avec Tu dis que tu l’M. À ses côtés, d’autres bédéastes : Frank Margerin, Vuillemin, Dodo, Denis Sire.


Musique et dessin
Une fugue composée avec brio
Pochettes de disques, illustrations publicitaires, affiches, couvertures de roman, aquarelles, pastels, sérigraphies, ex-libris, crobards … nombreux sont les supports et les techniques visitées dans l’album.


Dans l’entretien Jean-C Denis déclare à propos de l’image :
Je suis très sensible à la composition. C’est un plaisir esthétique de ressentir comment les formes se répartissent dans l’image.


Cette phrase on pourrait la reprendre en l’appliquant non pas à l’image mais à la page, la double page de l’ouvrage. Sous la baguette du graphiste Serge Bilous qui a orchestré toute la mise page du livre, les différents mouvements composés d’unités visuelles ou graphiques s’enchaînent en passant d’un thème à l’autre avec un soin tout particulier porté à l’image ou aux images de transition.


C’est absolument prodigieux. Alors il commence bien sûr par poser l’artiste : l’influence de l’Underground avec Saga de Xam puis les hommages à Tintin et Peyo, les affiches pour les festivals de BD, Luc Leroi pour (A suivre).





Luc Leroi va ensuite nous entraîner de l’intérieur vers l’extérieur et on va passer des ponts aux toits pour arriver sur l’affiche du festival d’Angoulême.

Et on repart des toits aux jardins, aux cabines téléphoniques, aux restos, aux cafés … Et les thèmes vont continuer à s’enchaîner ainsi : les romans, la musique, les femmes, les chats, les autres animaux, les paysages, Quelques mois à l’Amélie, la végétation, la mer, le voyage…
La composition
Dans cette superbe invitation au voyage dans l’univers de Jean-C. Denis, tout (ou presque) n’est qu’élégance, discrétion, délicatesse et volupté.
Les extraits sonores et citations sont tirés de l’ITW croisée de Jean-C. Denis et Stéphane Godefroid réalisée le 26 août 2025 à la libraire La Parenthèse.

POUR ALLER PLUS LOIN
L’ITW Croisée de Jean-C. Denis et S. Godefroid


L’expo-vente à La Parenthèse
Expo-vente d’une centaine d’illustrations originales dont certaines reproduites dans l’album durant tout le mois de septembre.


















































