Expo « Parcours BD au Musée Guerre et Paix en Ardennes »


Le Musée Guerre et Paix en Ardennes situé en pleine campagne, à une trentaine de kilomètres de Charleville-Mézières, à Novion-Porcien plus précisément accueille depuis le 1er août et ce jusqu’au 31 décembre l’exposition Parcours BD organisée en collaboration avec le festival Cabaret Vert.

Pour cette troisième édition, 4 séries sont mises à l’honneur dont trois Les Godillots d’Olier et Marko (Bamboo), Airborne 44 de Philippe Jarbinet (Casterman), et Madeleine, Résistante de Jean-David Morvan, Madeleine Riffaud et Dominique Bertail (Dupuis) dont les planches originales vont venir enrichir le fond patrimonial du musée. La quatrième Visages : Ceux que nous sommes de Miceal Beausang-O’Griafa, Nathalie Ponsard-Gutknecht et Aurélien Morinière (Glénat) se présente elle sous la forme de panneaux didactiques prêtés par l’éditeur.


Le dimanche 18 août, les festivaliers ont pu bénéficier d’une visite guidée du musée consacré aux guerres de 1870, 14-18 et 39-45 qui relate 75 ans d’histoire à travers une collection très diversifiée de plus de 14 000 objets (uniformes, matériel lourd, objets de la vie quotidienne…) avec arrêt sur les différents pôles bd commentés par les auteurs eux-mêmes Aurélien Morinière, Olier et Marko, Jean-David Morvan et Philippe Jarbinet. Cette visite a été suivie d’une séance de dédicaces.

Aurélien Morinière, le dessinateur

Dans cette saga romanesque en 4 tomes sur fond historique authentique d’une famille séparée par la guerre on va suivre les destins croisés de cinq personnages de nationalités et de générations différentes de la première à la seconde guerre mondiale.

Cette exposition ne comprend pas de planches originales mais des panneaux didactiques sur l’élaboration et les différentes étapes de création d’une bande dessinée.

« On suit une famille qui est séparée par la guerre. C’est une Allemande et un Français qui se rencontrent pendant la première guerre mondiale qui ont un enfant de la honte et c’est un peu la genèse de cette déconstruction familiale, de ce conflit qui va les opposer dans la haine fabriquée aussi par les mouvements nationalistes et comment ils vont essayer de se reconstruire en tant que famille dans cette forme d’allégorie sur la façon dont l’Europe s’est construite dans la douleur à la fin de cette période-là.« 

Aurélien Morinière confie n’être ni scénariste ni historien. Les scénaristes étant l’une franco-allemande et l’autre franco-irlandais, ils ont un peu résolu leurs questionnement d’identité à travers l’écriture de cette histoire.

Ce qui l’intéresse lui, plutôt que le côté historique, c’est l’aspect romanesque du parcours individuel de chaque personnage dans ce contexte-là et il a toujours eu a cœur de garder intacte l’émotion.


L’objectif des deux auteurs était d’amener un petit peu de vie, un petit peu de couleur et un petit peu d’humain dans ce conflit de la Première guerre mondiale à travers un récit légèrement décalé mettant en scène deux poilus chargés du ravitaillement affectés à une roulante, cette cuisine mobile qui parcourait le front et un jeune garçon venu tout droit de son pays basque natal pour retrouver son frère.

Si l’on n’excepte le panneau mural ci-dessus, à l’instar de la série Airborne 44, les planches originales, croquis préparatoires et autres étapes intermédiaires de la série jeunesse Les Godillots sont exposés sur des colonnes et regroupés par thème.


Alors que pour les deux premiers tomes de la série Marko a travaillé en couleur directe, il est passé à la couleur numérique à partir de la page 15 du tome 3 en raison de contraintes trop fortes. Pour qu’il n’y ait pas trop de différence dans le rendu, les planches ont désormais été réalisées en monochrome bleu à l’aquarelle afin de bien garder le côté aquarellé avant d’être mises en couleur numériquement.

Marko (dessinateur) et Olier (scénariste)

Historiquement parlant, les auteurs ont voulu être au plus prix de la réalité et se sont beaucoup documentés même s’ils se sont parfois volontairement permis quelques petites incohérences pour le fun. Pour reproduire le plus fidèlement possible avion, mitraille et roulante, Marko, outre les croquis, est passé par la modélisation 3D.

Consécration pour les deux auteurs ! Les godillots vont faire leur entrée cette année au mémorial de Verdun et vont vivre une seconde vie sous la forme de dix illustrations.

Nous quittons définitivement la première guerre mondiale pour passer à la seconde.

Madeleine, Résistante est une série en 4 tomes dont trois sont déjà parus. Mais JD Morvan et Dominique Bertail ne vont pas s’arrêter à sa vie de résistante. Ils ont prévu de continuer à nous raconter son histoire à travers ses autres vies. Un scénariste passionné, une raconteuse d’histoires et d’Histoire hypermnésique, un dessinateur aux planches somptueuses en couleur directe : le combo parfait !

Documentaire réalisé par son ami Jorge Amat (2020)
Philippe Jarbinet (à gauche)

Après la résistance française, place à l’armée américaine.

Philippe Jarbinet vient d’un village qui avait été repris par les Américains. Quand il a commencé dans la bd, sa famille ayant été fortement impactée par la bataille des Ardennes, il a dessiné la bataille des Ardennes. Son grand intérêt pour les véhicules et les uniformes l’a amené à axer au départ son travail sur les Américains.

La série Airborne est actuellement composée de 10 volumes, soit 5 diptyques avec pour chaque diptyque une histoire complète sur un thème.

Désireux de garder le côté artisanal de la bande dessinée, il travaille en couleur directe et même le lettrage est fait à la main. Tout comme Marko et Olier, il apporte une grande attention à la fidélité de ses représentations.

Texte et photos de Francine VANHEE

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